Détail

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Origine : Anvers
Epoque : vers 1725
Matière : nacre gravé et encre noire

Anvers était, par le biais de l'imprimerie, un centre de production de gravures au burin sur cuivre connu. Bon nombre d'éditions publiées par l'imprimeur Moretus à Anvers sont agrémentées de ces images. Cette ville était aussi, par l'intermédiaire des ateliers d'ébénisteries, un centre de production de gravures sur nacre. En effet, une partie de cette production de coquillages finement gravés était destinée à la décoration de meubles d'apparats tels que des cabinets, tables de milieu, encadrements, miroirs et bureaux à fronton... Les ateliers anversois d'Henri van Soest en firent grand usage. Cet art délicat, s'apparentant techniquement à la gravure sur cuivre, pouvait donc aussi être pratiqué par certains artistes graveurs travaillant dans le milieu de l'imprimerie. Jean Baptiste Jongelinx, graveur sur cuivre originaire d'Anvers, en est un exemple. Cet artiste, connu pour avoir gravé en 1739 une série de portraits pour la Bibliotheca Belgica d'Andreas Foppens, était manifestement aussi un adepte de la gravure sur nacre : les deux médaillons ici présentés portant sa signature en témoignent. Ces plaquettes ovales figurent pour l'une, une "ambassade de Chine" et pour l'autre, une "allégorie d'une victoire militaire contre les ottomans". Sur chacun de ces tableautins de nacre est représenté un même personnage qui peut probablement être identifié à Charles VI (1685-1740), empereur d'Autriche qui devient maître des anciens Pays-Bas espagnols en 1714.

"L'ambassade de Chine" peut être interprétée comme une allégorie du commerce florissant entre les compagnies des Indes et de la Chine, et plus particulièrement, entre la compagnie des Indes d'Ostende et le pays du soleil levant. L'empereur Charles VI, soucieux de créer une marine marchande, accorda dès 1715 de nombreux passeports de mer à certains entrepreneurs et encouragea le commerce avec l'Orient. Fort du succès de ces entreprises privées qu'il patronne, il décide en 1722 de créer la "Compagnie impériale et royale des Indes" à laquelle succèdera la "Compagnie d'Ostende". Charles VI, comme bon nombre de hauts personnages de l'époque, possédait un service de table en porcelaine de Chine décoré de ses armes. Sans doute, ce service fut-il importé par la Compagnie des Indes d'Ostende.

Le règne de l'empereur Charles VI vit aussi la victoire des troupes impériales autrichiennes dirigées par Eugène de Savoie contre les turcs à Petrovaradin en 1716 et à Belgrade en 1717. Ces victoires sont à la base du traité de paix signé en 1718 à Passarowitz, entre les autrichiens alliés à la République de Venise et les ottomans. Le deuxième médaillon de nacre ici publié, figure donc probablement Charles VI victorieux des ottomans.

 

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