Détail

VENDU


Lieu: Tournai
Epoque : entre 1755 et 1765
Matière : faïence stannifère polychrome
Ht :

___SEUL MODELE CONNU ACTUELLEMENT, PIECE NON REPERTORIEE ___

Grand groupe en faïence stannifère tournaisienne. Constitué d'un berger et d'une bergère en converstation au pied d'un grand vase ansé sur piédouche. Les anses à l'image de deux visages masculins.

Ce groupe est exceptionnel par sa rareté et sa grandeur. En effet en faïence de Tournai, les groupes, hormis les représentations de carlins et de pots-pourris, ne sont pas légions ! Nous les comptons sur les doigts d'une main!

LE TERTRE :
Le tertre rocheux rehaussé d'une polychromie mélangeant le vert, le jaune, le bleu et la couleur rose"lie de vin", donne une impression de douce polychromie. Ce type de socle à douce polychromie se rencontre avec des sculptures de carlins ainsi que des vases "pots-pourris" tournaisiens connus. Certaines bases de pots-pourris et carlins peuvent présenter en plus des rehauts de brun ou rouge de fer (voir fig. 1). Notre groupe n'a pas de rehauts bruns qui ne sont pas systématiques. Cette manière de polychromer les tertres correspond à une des deux façons de colorer les socles dans la production faïencière des ateliers Peterinck. En effet, une seconde manière existe, celle que j'appellerais la technique "Arlequin". Cette dernière se caractérise par l'application de ces mêmes couleurs par coups de pinceaux souvent bien nets qui PEUVENT se superposer par endroit. Le contraste entre les couleurs est ainsi beaucoup plus marqué. Cette façon de décorer les tertres, moins nuancée et moins douce, va de pair avec un emploi plus intensif du rouge de fer. Le résultat final : les couleurs, qui y sont moins "fondues", donnent UN EFFET de QUASI juxtaposition. C'est ce que j'appelle l'effet "Arlequin"(voir fig.3). Deux pots-pourris publiés dans le catalogue dédié à la faïence tournaisienne paru en 1966 sous l'égide du musée du Cinquantenaire (page 33 n° 16 et 17) présentent cette polychromie "Arlequin".

LES GROSSES FEUILLES VERTES /
Les bouquets de 2 à 5 feuilles vertes, garnis ou non de gros boutons de fleurs stylisés, présents notamment aux pieds de la bergère ainsi qu'au revers du tertre sont, DANS LEUR FACTURE, typiques de la production faïencière scaldienne. En effet, nous les retrouvons disséminés sur les socles des carlins à grelots des collections du musée du Cinquantenaire (inv.671 AB), sur une autre paire de carlins se trouvant dans une collection privée belge (voir fig.1), sur divers pots-pourris de collections privées et publiques (voir publication de 1966 op cit.). Ces feuilles, quand elles sont réalisées plus tardivement, c'est-à-dire vers 1780 (et après), se voient généralement rehaussées de fines lignes peintes pour imiter leurs nervures (voir fig.3). Ce détail ne semble pas s'observer sur les groupes de feuilles datant des années 1755-1760. En première période, les nervures sont représentées par des traits incisés en épi et évolueront vers des lignes longitudinales en relief que nous observerons notamment au niveau des bases des carlins de la collection privée(voir fig.1).

En résumé, ces observations permettent de faire une tentative de datation des figures en FAÏENCE de Tournai. Nous pouvons observer une évolution dans le façonnage de ces grosses feuilles vertes ainsi que dans la représentation de leurs nervures. En début de production, leurs nervures sont incisées en épi ensuite celles-ci semblent devenir longitudinales en relief et enfin, elles finissent en troisième période par être peintes en trompe l'oeil. La fin du siècle voit une décadence dans la réalisation de ces feuilles qui semblent n'avoir plus d'épaisseur ni de relief et sont extrêmement simplifiées (voir fig. 4), une paire de carlins du musée du Cinquantenraire, leg Verhaeghe de Nayer, publiés dans le catalogue de 1966 en page 73).

LE VASE
Il nous reste une dernière chose à aborder : le vase de notre groupe.
Au premier coup d'oeil, une réflexion nous vient à l'esprit : " tient quel beau vase en faïence de l'Est de la France.." Oui, dans un premier temps nous sommes influencés par le style très "Est de la France" de ce récipient. Mais, nous ne devons pas oublier que Tournai était une manufacture tournée vers les modes de son temps ! Dans ses premières années elle fut influencée par l'Allemagne et sa porcelaine de Meissen mais elle céda aussi à la tentation des décors de l'Est ainsi qu'aux sirènes des décors et des formes de la manufacture de Sèvres ! Les ateliers tournaisiens surent prendre des éléments provenant de ces divers concurrents étrangers tout en les personnalisant ! (voir fig.5).

 

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Laurence Lenne

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